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La Réunion mosaïque

Dès ses débuts, le fonctionnement des établissements sucriers est fondé sur l’exploitation d’une main d’œuvre composée d’esclaves venus pour la plupart de Madagascar, d’Afrique et des comptoirs indiens.

En 1817, l’interdiction de la traite et la menace de l’abolition de l’esclavage (qui sera effective en 1848) poussent les colons à chercher dans l’immigration une solution de substitution indispensable au développement de l’île. Cette situation sociale, désormais connue sous le terme d’engagisme, démarre réellement en 1828 et va durer près d’un siècle. Venus du comptoir français de Yanaon, les premiers engagés indiens débarquent en 1828. Ils inaugurent le grand courant migratoire qui amènera, jusqu’en 1835, plus de 160 000 engagés Indiens, mais aussi Cafres, Malgaches, Chinois, Comoriens ou Rodriguais…

L’immigration a deux conséquences importantes sur la population de l’île : d’une part, cette dernière augmente rapidement, passant de 63 400 habitants en 1815 à 180 000 en 1860 ; d’autre part, elle continue à se diversifier sur le plan des origines du peuplement.

La canne a ainsi contribué à faire de la Réunion l’île « mosaïque » que nous connaissons aujourd’hui.